Emmanuel Chatellier, président du Pipe-Club de France, s’est éteint le 27 mai dernier à 58 ans, des suites d’une maladie. Son décès trouble un peu plus l’avenir déjà incertain de l’association, qui risque de disparaître.

Ceux qui l’ont connu décrivent un homme chaleureux d’une bonne humeur contagieuse. « Je me souviens de son humour, c’était un bonhomme très drôle, se remémore Vincent Leyd, secrétaire délégué du Pipe-Club de Paris. Je l’ai rencontré lors de nombreux dîners organisés en parallèle des concours de fumeurs, et je ne l’ai jamais vu faire la gueule ! » Emmanuel Chatellier n’est plus. Le joyeux président du Pipe-Club de France est décédé le 27 mai à Sarreguemines, des suites d’une maladie. Il avait 58 ans.

Alain Pungercar était sans doute son plus fidèle ami. « Je le connaissais depuis 1993 et le considérais comme un frangin. Manu a été trésorier jusqu’à la fin de mon mandat de président du Pipe-Club de France, en 2019. C’était mon successeur. On était très proches, toujours fourrés ensemble. » C’est entre autres par l’action commune des deux bonhommes qu’a été fondée dans les années 2000 la coupe de France du fumeur de pipe. Son principe : cumuler les temps obtenus par les candidats aux championnats des pipes-clubs locaux pour ériger un classement annuel national. Les fumeurs les mieux classés à la fin de la saison représentent ensuite la France dans les concours internationaux« Manu était un mec extrêmement passionné, très connaisseur, grand collectionneur de pipes, reprend Alain Pungercar. Il fumait la bouffarde depuis ses seize ans. Si je suis devenu président, c’est un peu grâce à lui. Ensemble, on a travaillé d’arrache-pied pour que le club persiste. Il a toujours cherché à faire avancer le monde français de la pipe. Et puis il était à l’écoute des gens, bon vivant, toujours prêt à rendre service. Sa mort m’a bouleversé. »

Emmanuel Chatellier

« C’était un personnage !, s’exclame Alain Letulier, lui-même président du Pipe-Club national jusqu’en 2005. Un homme gentil, ouvert, accueillant et toujours souriant. Il était un pilier de l’association qui, ces dernières années, n’allait pas fort malheureusement. » Regroupant une quarantaine de clubs régionaux dans les années 1980, le Pipe-Club de France n’en compte plus aujourd’hui que quatre ou cinq. La bouffarde est tombée progressivement en désuétude et les fumeurs se renouvellent peu. « Elles sont loin, les heures de gloire où les manifestations internationales des fumeurs de pipe rassemblaient plus de trois cents personnes ! », se désole Alain Letulier. Pour ne rien arranger, le Pipe-Club de France a déjà annulé un championnat de fumeurs à cause de la pandémie. Qui, maintenant, va prendre la responsabilité d’en organiser un nouveau à l’automne ?

« Je ne sais pas, lâche Alain Pungercar. Déjà, quand j’ai déclaré en 2019 que j’arrivais à la fin de mon mandat, personne ne voulait reprendre le poste de président. » L’avenir du Pipe-Club de France se jouera en octobre, lors de la prochaine assemblée générale. Si personne ne se présente pour succéder à Emmanuel Chatellier, l’association sera dissoute.

 

Par César Marchal.

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