Avec la chute de l’activité touristique spirituelle, les saisonniers de la cité mariale de Lourdes se retrouvent sans emploi, et bien souvent sans protection sociale. Pour attirer l’attention du grand public et des autorités, l’un d’entre eux a entamé une grève de la faim.  

Axelle Richardson n’a rien mangé depuis six jours. Cette mère de 32 ans, saisonnière en hôtellerie dans la ville de Lourdes, a entamé une grève de la faim pour alerter sur la situation des saisonniers de la cité mariale. « À cause de la crise sanitaire actuelle, on subit un licenciement hors norme, explique la jeune femme. Et nous n’avons aucun cadre de protection sociale. »

Depuis le mois de février, la majorité des 2400 saisonniers de Lourdes ne travaillent plus. Certains sont au chômage, d’autres non. Beaucoup sont au RSA. L’économie de la ville, en grande partie basée sur le flux de pèlerins, a dégringolé. « Lourdes est la seconde ville hôtelière de France et la deuxième cité mariale au monde, continue Axelle Richardson. Aujourd’hui, son activité touristique spirituelle a chuté d’environ 90%. »

DR. Axelle Richardson

« La préfecture nous a demandé de nous réorienter »

À Lourdes, la plupart des embauches se font en avril lorsque la saison démarre. Le premier confinement ayant été déclaré en mars, de nombreux saisonniers n’ont pas pu signer leur contrat et se retrouvent aujourd’hui en grande difficulté. Face à cette situation, regroupés dans l’Association des saisonniers de Lourdes et de la vallée, ils réclament l’année blanche, à l’instar des intermittents du spectacle, ainsi que le report des droits au chômage et la reconnaissance du statut d’intermittent du travail.

 Jusqu’alors et malgré les relances du collectif, la préfecture ne s’est pas réellement emparée du problème. « Elle nous a demandé de nous réorienter ou de déménager », avance même Axelle Richardson. Toutefois, le Premier ministre Jean Castex a annoncé jeudi 26 novembre la création d’une aide exceptionnelle de 900 euros par mois entre novembre 2020 et février 2021 pour les travailleurs précaires.

 

Par Lucas Bidault.

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