À l’occasion du bicentenaire de la mort de Napoléon 1er, une œuvre de l’artiste Pascal Convert, prévue pour l’exposition débutant le 7 mai au Musée de l’Armée, suscite la controverse et l’ire de nombreux adorateurs de l’Empereur. Elle représente le squelette de Marengo, célèbre cheval de Napoléon, surplombant son tombeau.

Presque deux cents ans après sa mort, le 5 mai 1821, Napoléon 1er continue de susciter passion et controverse. Dernière polémique en date : une œuvre de l’artiste plasticien Pascal Convert prévoyant de suspendre une reproduction du squelette du mythique cheval de l’Empereur, appelé Marengo, au-dessus de son tombeau, à l’occasion d’une exposition au Musée de l’Armée. 

Aujourd’hui détenu en Angleterre, le squelette du cheval, jugé trop fragile, a été reproduit à la faveur d’un scan 3D puis d’une impression. À partir du 7 mai, il devrait donc surplomber le tombeau de l’Empereur. Une pure folie pour plusieurs aficionados de Napoléon. Thierry Lentz, directeur de la Fondation Napoléon, exprime ainsi son inquiétude sur Twitter, le 24 avril : “Réhumaniser Napoléon en suspendant un squelette de cheval en plastique au-dessus de son tombeau ! On rêve….” 

Le député Les Républicains Jean-Louis Thiériot s’en est même ému dans une lettre à destination de la Ministre des armées, Florence Parly : “Le site des Invalides est une nécropole militaire (…) Ce n’est pas essentiellement un musée. User ainsi d’un lieu de recueillement est particulièrement dissonant.” Une pétition “Non à la profanation du tombeau de l’Empereur Napoléon 1er” a été lancée et a récolté jusqu’alors plus de 300 signatures.

© Jean-Louis Thiériot/Twitter

Le cheval, “ami des militaires”

De son côté, le Musée de l’Armée préfère mettre en avant la symbolique du cheval. Dans un article pour Le Figaro (30/04/2021), Ariane James-Sarrazin, directrice adjointe du musée, apprécie cette référence au cheval, qu’elle voit comme un “ami fidèle des militaires”. Il faut dire que Marengo, pur-sang arabe capturé lors de l’expédition d’Egypte en 1799, fut de toutes les batailles de l’Empereur : Austerlitz (1805), Iéna (1806), Wagram (1809), la campagne de Russie (1812) et enfin Waterloo (1815). Le cheval a reçu pas moins de cinq blessures de guerre dont une balle dans la queue. Malgré cela, il n’est mort qu’en 1831, à l’âge — canonique pour un cheval — de 38 ans. Aujourd’hui, Marengo ressurgit à l’occasion d’une nouvelle bataille, cette fois artistique et symbolique. Pour une fois, ce n’est pas lui qui sera au front.

 

Par Eric Bojangles.